Voici une conférence de Richard Stallman.
Il explique très clairement ce que sont les logiciels libre, ainsi que leurs enjeux.
La première partie dure 32 minutes. La suite est consacrée à Gnu-Linux, et le tout dure 1h10. C’est assez agréable à écouter. L’allure de Stallman est débonnaire, mais son discours est précis et construit.
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En voici le compte-rendu. Le minutage est donné entre parenthèse si vous souhaitez aller directement à un endroit précis.
Introduction.
Qu’est-ce que le logiciel libre (42”) ? Liberté, égalité, fraternité !
Liberté : libre de faire ce qu’on veut
Égalité : tous les utilisateurs ont les mêmes droits
Fraternité : encourage la coopération des utilisateurs
à la différence d’un logiciel privateur, qui maintient les utilisateurs dans un état de division et d’impuissance.
Définition du logiciel libre (2′30)
C’est un logiciel qui respecte quatre libertés essentielles et indispensables :
- 0 : avoir la liberté de faire tourner le programme comme on veut
- 1 : avoir la liberté de pouvoir en étudier son code source
- 2 : avoir la liberté d’en diffuser librement des copies
- 3 : avoir la liberté de contribuer à la communauté,
Ce sont des libertés. Pas des obligations.
Pourquoi ces libertés sont essentielles ?
Importance de la liberté n°2 (4′30):
- c’est pour des raisons fondamentales éthiques. Sans cette liberté, on est pris dans un dilemme moral si quelqu’un vous demande une copie du programme : soit on donne la copie et on enfreint la licence, soit on ne la donne pas, et on respecte la licence. Le moindre mal est d’enfreindre la licence, à supposer que l’ami soit bon. Mais c’est mauvais. Pour éviter ce dilemme, soit on n’a pas d’amis (solution proposée par ceux qui font les programmes privateurs), soit on se passe de ce genre de programmes.
Importance de la liberté n°0 (10′25) :
- avoir le contrôle de sa propre utilisation du logiciel. Certains logiciels restreignent l’utilisation que l’on peut faire des copies autorisées du logiciel (qui, où, pour quel usage).
Mais elle n’est pas suffisante. Cette liberté permet seulement de faire ou ne pas faire ce qu’a prévu le programme. Le développeur a toujours le contrôle.
Importance de la liberté n°1 (11′40) : elle donne la possibilité de vérifier ce que fait le programme.
- Il y a beaucoup de programmes qui comportent des fonctionnalités malveillantes, conçues, non pour servir l’utilisateur, mais pour le surveiller, le restreindre, l’attaquer.
Exemple : Microsoft Windows : quand on cherche un mot dans un fichier, un message est envoyée à Microsoft pour dire quel mot a été cherché. C’est un exemple de fonctionnalité de surveillance
Ex 2 : win XP et sa fonction de mise à jour : elle envoie la liste des logiciels installés sur la machine.
Ex 3 : il se peut qu’il y en ait peut-être d’autres, mais personne n’en sait rien, car Microsoft ne communique pas sur ce point,
Ex 4 : Windows Player : transmet les références des médias que l’utilisateur regarde à Microsoft.
Ex 5 : il n’y a pas que Microsoft. : RealPlayer fait de même, ainsi que beaucoup de programmes privateurs,
Cela permet aussi de voir qu’il y a des “fonctionnalités” dont le but est de ne pas fonctionner :
interdire de montrer, de copier, d’imprimer…
Ce ne sont pas des erreurs, mas des fonctionnalités, « Gestion numérique de restriction, DRM ». C’est le but principal de Windows Vista.
- Existence de portes dérobées : ce sont fonctionnalités malveillantes dont le but est d’attaquer l’utilisateur. Ex: Windows : la demande d’actualisation se fait après identification de l’utilisateur. Microsoft peut donc donner une mise-à-jour spécifiquedu logiciel pour un utilisateur. Celui-ci n’a pas de recours.
Des programmeurs indiens de Microsoft voulaient introduire d’autres portes dérobées que celles demandées par Microsoft pour Al Quaeda,
Microsoft a installé des portes dérobées pour le gouvernement américain. Vista en comporte.
Conclusion (20′30) : sans la liberté n°1, il peut y avoir des fonctionnalités cachées dans le logiciel. Pour s’en accomoder, cela nécessite une foi aveugle dans le programmeur.
Il se peut que des programmes soient honnêtes, mais on ne peut pas le savoir. Parfois on connais des fonctionnalités cachées, parfois pas. On ne peut pas le savoir si on ne peut pas vérifier, ce que garantie la liberté n°1.
- On peut supposer qu’il y a beaucoup de codes malveillants. Par ailleurs, les programmeurs sont humains. Ils font des erreurs. Les codes malveillants ne sont pas forcément intentionnels. Ils peuvent exister suite à des erreurs. Les programmeurs de logiciels libre font également des erreurs. Mais si on trouve une erreur dans le code, on peut la corriger. On n’est pas parfait, mais on respecte la liberté.
La liberté n°1 n’est cependant pas suffisante : plein d’utilisateurs ne son pas capable de programmer, ou d’analyser personnellement les codes sources des programmes. Cette liberté ne suffit pas non plus aux programmeurs : il y a trop de logiciels ! Chacun de nous ne peut pas analyser chacun des logiciels.
Importance de la liberté n°4 (24′50) : permettre de partager et modifier ensemble ce qui est nécessaire.
- Par exemple, si plein d’utilisateurs veulent un changement dans un logiciel libre, certains, les programmeurs, pourront modifier ce programme, et cette modification bénéficiera à tout le monde. Il suffit d’adopter ce changement, ce qui se fait facilement.
Les libertés n°0 et n°2 permettent à chacun de bénéficier de ces changements. Cela ne nécessite pas de compétences en programmation
Les libertés n°1 et n°3 nécessitent de la programmation. Mais les résultats sont disponibles pour tous. C’est cela permet de la démocratie. Personne n’a de pouvoir sur les autres.Tandis que le logiciel privatif donne toujours un pouvoir sur les utilisateurs :
- Si 1000 utilisateurs désirent une modification dans un programme libre, mais qu’aucun ne sait faire, il peuvent néanmoins appliquer les 4 droits : on peut se cotiser pour payer des programmeurs pour faire les changements désirés, faire des appels d’offres et faire faire le travail par qui bon leurs semble.
- Alors que pour un logiciel privatif, si des utilisateurs veulent un changement dans le programme, ils doivent s’en remettre au bon vouloir du développeur. Ce dernier peut proposer des actualisations avec de nouvelles versions, qui elles-mêmes peuvent avoir d’autres problèmes…
Les entreprises voulant un bon support devraient exiger du logiciel libre de fait,
Paradoxe : même s’il y a deux choix de logiciels, s’ils sont privateurs, ce sont des monopoles. On peut choisir le monopole, mais ensuite on est lié. Le seul moyen d’y échapper est de faire le choix des logiciels libres.
Gnu-Linux (33′50)
Historique.
- Il y a un nouveau continent du cyber espace, c’est le monde du logiciel libre.
Le travail de développement du logiciel libre vise à faciliter la migration vers cela.
Il y a 20 ans, on a développer un OS pour cela. Ce n’est plus dur, mais incommode. Ne pas l’utiliser rend servile.La liberté est plus que le fait d’avoir le choix entre quelques options, mais elle donne le pouvoir d’avoir le contrôle sur sa propre vie.
Si on ne garde de la liberté que le choix entre quelques options fixes, on se prive de l’essentiel. Cela permet aussi de montrer que cette liberté n’est pas très importante, mais on a montré l’erreur. Choisir son maître, ou choisir de ne pas avoir de maître.
- En 1983, il n’y avait que des systèmes d’exploitations privateurs. Stallman connaissait un moyen d’y palier en développant un système technique alternatif. Sa conscience, ainsi que ses compétences, l’ont poussé dans cette voie.
Le mouvement du libre n’avait pas d’ennemis. Pas d’opposition? Le pb est la quantité de programmes à développer. Personne ne savait si c’était possible. Mais l’importance de la défence de la liberté oblige à agir.
Quel genre de système ? Un système compatible avec Unix, afin de faciliter la migration des utilisateurs. GNU. Gnu is Not Unix (nom récursif!)
- Le développent débute en 1984. Beaucoup de composants du système ont été développés dans les années 1980.
- 1990 : on dispose de presque tous les composants pour un système minimal. Il manque le noyau, c’est-à-dire le composant qui associe les ressources au programme. Le développement du noyau ne fonctionne pas comme voulu. Utilisation d’un micro-noyau.
- 1991 : Linus Torvals a développé son propre noyau, avec la conception usuelle. En moins d’une année, cela a fonctionné.
- 1992. Le développeur a mis le programme sous licence GNU, une des licences des logiciels libres. La combinaison de GNU et de linux a fait un système complet et libre.
- Cela a été important pour le logiciel libre, car à présent, un logiciel libre peut fonctionner sur un PC libre. C’était la première fois que cela était possible.
- L’utilisation du noyau Linux a introduit une confusion : linux n’est un tout. le système est complet avec Gnu-Linux. Ne pas le reconnaître empêche de reconnaître le rôle universel du logiciel, ce qui change de la philosophie de linux. Pour lui, la liberté n’est pas le but. D’où une difficulté de faire reconnaître les autres opinions.
Enjeux
Un peuple qui ne défend pas la liberté peut la perdre facilement.
Défendre la liberté, nécessite de la valoriser. Dans les autres champs on parle des droits de l’homme. Cela a pris des siècles. Cela n’en rend pas la défense facile, mais c’est une base.
En informatique, le champs est nouveau (moins de 15 que c’est utilisé par la majorité des personnes.) Ce débat a toujours été dominé par les entreprises privateur.
Même les utilisateurs du libre n’en sont pas toujours conscients. Ils l’utilisent pour le coté pratique, efficient, etc, mais pas pour la liberté, l’égalité, la fraternité.
Les utilisateurs de Linux ne comprennent pas toujours qu’ils utilisent un système GNU.
Parlons donc de Gnu-linux plutôt que Linux. Cela permettra les utilisateurs à entendre le discours GNU.
Les états permettrons de développer tout cela ?
Dispositifs physiques à spécifications secrètes: ces produits ne disent pas comment ils fonctionnent. Cela est intolérable, mais cela se fait.
Que faire alors ? Inverse-engeenrie. Utiliser la puissance du marché : ne pas acheter ces produits avant qu’ils ne respectent ces conditions, afin de pouvoir écrire les programmes correspondants libre. Mais trop peu de personnes reconnaissent le besoin de le faire.
Différences entre « open-source » et logiciel libre : permet de passer sous silence les droits de l’homme. Rentabilité, efficacité, fiabilité. Ce n’est que technique.
Ces programmeurs perdent la liberté. Cette faiblesse se voit dans la communauté des développeurs.
Des lois interdisent le logiciel libre. Aux usa : DMCA : interdit la distribution des logiciels libres pour accéder à des œuvres publiées dans un format privé.
La distribution d’un tel logiciel est interdit.
Si on n’a pas les moyens de se passer des menottes numériques, il ne faut pas acheter le produit.
Face à un pb, les USA cherchent à l’exporter, plutôt que de le corriger !
Autres lois : capable d’interdire n’importe quel programme libre. C’est le droit des brevets. Une idée, même partielle, d’une fonctionnalité peut interdire de l’utiliser pour 20 ans. Alors qu’un logiciel utilise une multitude d’idées.
C’est le rôle de FFII.
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Posted by Daniel under informatique | No Comments »